16 octobre 2008

Manifesta 07 , la Biennale Europea di Arte Contemporanea (Bolzano, Trento, Sud Tyrol) jusqu'au 2.11.08





Un palais, une manufacture de tabac fermée depuis 6 mois mais encore imprégnée de l'odeur, une forteresse au passé difficile, une ancienne usine d'aluminium posent tous la question de "que vont devenir ces lieux, maintenant ?" Dans cette région mouvementée, puisqu'elle appartenait d'abord à l'Allemagne et puis fut annexée par Mussolini pour en faire une région modèle de l'industrie italienne, c'est en tout cas la première fois que ces lieux accueillent de l'art contemporain. Le pari était risqué car vu la "force de caractère" de chacun d'entre eux, ils auraient pu aussi écraser leur contenu. On sent que le choix de cette région pour accueillir cette édition de la Biennale est essentiellement politique. L'art doit il d'abord servir cette fonction ? Si la volonté de résister à un art essentielement marchand est louable, doit on finalement penser l'art uniquement comme un phènomène socia l? car dans les 2 cas politique ou marchand, c'est le groupe qui prévaut. Ne pourrait on pas aussi considérer, comme déjà au temps de Léonard de Vinci, ou plus proche de nous Tony Smith ou Bruce Nauman, que l'homme reste la mesure de toute chose et que pour justement toucher à l'universel il faut d'abord nouer un rapport à l'intime ? Et que parfois ce qui manque dans ces grandes messes, vu leur taille et le niveau intense de stimulation qu'elles engendrent, c'est d'expérimenter de manière concentrée ce rapport au temps et à l'espace. Ce n'est pas le cas ici pour la forteresse et l'usine d'aluminium où justement ce passage de l'intime à l'universel s'opère subtilement.


Dans le cas de la Forteresse Franzenfeste (cf ploto supra) construite en 1830, c'est un projet collaboratif, "Scénarios" qui se concentre sur le son et la vibration. 10 écrivains ont été invités à écrire des textes sur l'idée de la forteresse, son labyrinthe de mémoire, ses bruits de guerre, son or nazi. Ces textes ou ces sons ont été lus ou joués en 3 langues (italien, allemand, anglais) par des poètes, des acteurs et sont situés dans des situations bien particulières. Ainsi on peut passer complétement à côté, ou alors marcher sur les haut parleur recouverts par le sable du sol d'une immense salle, et éprouver la vibration en écoutant le poème " Aquatic Invasion" de Thomas Meinecke" (2008); ou encore s'asseoir sur les chaises "collages " à 3 pieds de Martino Gamper qui pour certaines se mettent aussi à vous parler quand on s'asseoit dessus;
ou encore regarder des films résolument muets, notamment celui boulversant et déstabilisant d'Harun Farocki "Respite" (2007) sur la façon de filmer la déportation et les limites du reportage, ou jouer devant le drôle de diaporama questions/réponses de Michael Snow "So is this" (1982).
Et ces voix ou ces silences en plus de leur charges poétiques, placées dans cet endroit immense vide et sublime, renvoyant curieusement à un univers assez monacal, nous parlent d'abord pour ensuite nous mettre en raisonnance avec une humanité plus vaste.

1 Comments:

Anonymous Anonyme said...

Bonjour,

Les expositions à voir en “Art contemporain” et “Photo contemporaine” ayant l’air de vous passionner, il m’a semblé évident de vous inviter à visiter une exposition thématique “Couleurs sur corps” qui vous permettrait de découvrir un certain nombre d’artistes et de photographes contemporains ayant réfléchi et travaillé sur la question de la “couleur” en relation directe avec le “corps”.

Depuis toujours, l’homme se sert de la couleur sur le corps pour se parer, s’habiller, se cacher, se montrer ou se singulariser.
Éminemment symbolique, la couleur sur le corps, selon l’époque ou la société, constitue un enjeu social ou culturel. En effet, les formes d’usage des couleurs sur le corps nous renseignent sur nous-mêmes comme sur les autres. Toute couleur posée ou portée sur le corps consigne l’empreinte de systèmes culturels ou sociaux particuliers.

C'est ce que vous pourrez découvrir lors de la visite privée vendredi 24 Octobre 2008 à 18h30 (Jardins du Trocadéro) de l’exposition “Couleurs sur corps” que le CNRS organise cet automne, avec l’Observatoire NIVEA et la Mairie de Paris, du 24 octobre au 9 novembre 2008 dans les Jardins du Trocadéro.

J’espère avoir le plaisir de vous y accueillir.

Bien à vous,

Tanaquil

tpapertian@i-e.fr

19/10/08 20:49

 

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