12 mars 2008

Elsa Sahal (Fondation Ricard jusqu'au 5 Avril 08)

En regardant les céramiques pour la plupart produites avec la Manufacture de Sévres, Elsa Sahal nous donne à sentir l'énergie dont a besoin une forme pour s'extraire de la masse et s' élancer vers le haut ("Nu Randonnant", 2007 et toute la série de "Rebord", 2007.) Beuys disait " Une forme est comme une idée, l'antiforme elle est une energie". Loin de la facilité d'artistes qui utilisent la céramique pour rejouer Alice aux pays des Merveilles, ici ce sont des formes corporelles crues, non sans rappeler le "Janus Fleuri "de Louise Bourgeois, ou certains Brancusi. Les appendices se dressent, d'autres bourgeonnent, certains s'emboitent. Avec les piéces de Sévres, et leurs couleurs verdâtres, on ressent une texture , à l'instar du marbre ou du bronze, à la fois proche de l'organique, ou de la lave, qui parlent à l'oeil et au toucher non de l'extériorité du corps mais de ses parties plus intimes. Le corps est en nous comme le sont les normes.
Du fait des couleurs pastels, noires, rouges et du vernis, l'artiste favorise une distanciation du corps au réel; elle le trouble, elle travestit les codes , non sans humour, pour mieux fonder son propre espace esthéthique. Bienvenue dans le monde des étranges créatures d'Elsa Sahal que le parcours de cette exposition à la Fondation Ricard rend fluide et choisi ! Ne pas manquer les oeuvres de cette jeune artiste diplômée des Beaux Arts dont les prix pour des pièces uniques de Sévres restent raisonnables. (Photos Courtesy Galerie Claudine Papillon)

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