24 janvier 2007

"L'évènement , les images comme acteurs de l'histoire"au Jeu de Paume. (jusqu'au 1er avril 2007)


L’idée ici soutenue : c’est l’image qui fait l’évènement et qui le grave dans nos mémoires collectives. L’exposition nous montre surtout que ce n’est pas nouveau car c’était déjà le cas avec la guerre de Crimée en 1850.
5 évènements sont ici traités , chacun avec les médias et les regards propres à leur époque :
- la guerre contre la Crimée (1853-1856)
- l’avénement de l’aviation à la Belle époque : jubilatoire et inventif jusque dans le traitement de l’image!
- les congés payés : entre affiches de propagande et photos du bonheur par Cartier Bresson.
- la chute du mur de Berlin (9 nov 1989): la force du direct, ch
aque acteur ayant conscience de vivre un moment historique.
- le 11 septembre 2001 : certainement le plus médiatisé.

Mon préféré : la conquête de l'air.
Pour montrer les exploits de Blériot, et ceux des équipes projets pleines de barbus sympathiques, les reportages font eux même une large place à l'innovation : photographie prises en plongée depuis un dirigeable par Léon Gimpel, films en cinémathographe via les actualités pathé dont l'invention est toute récente. C'est la naissance des magazines illustrés avec une nouvelle mise en page où prolifèrent les images (un peu l'ancêtre de Paris Match). On sent que basculement de l'ordre spatial (vue du dessus, perte du répère unique) imprime un renouvellement du vocabulaire visuel (même en peinture, puisque c'est l'époque des Demoiselles d'Avignon de Picasso ou de la tour Eiffel de Robert Delaunay). C'est l'avènement de l'ére moderne telle que nous la connaissons.
Le plus terrible , evidement c'est le 11 Septembre, non seulement par l'effondrement d'un mythe mais aussi par le traitement uniformisé qu'il en est fait. En effet l'analyse du corpus de la presseaméricaine, montre que 75% des titres utilisent les 6 mêmes photos achetées à l'American Press : l' uniformisation de l'image conduit elle à celle du texte ? Quid du jeu démocratique alors ? Pour contrebalancer un peu, est présentée l'exposition "Here is new York, a democraty of Photographs" organisée en 2002 à Soho et montrant une multitude de photos amateurs prises sur le vif . Evidemment les portées d'une exposition ou de l'ensemble de la presse ne sont pas les mêmes : quelques milliers de new yorkais dans un cas, contre quelques centaines de millions d'américains dans l'autre.

4 Comments:

Anonymous herwann said...

cela donne carrément envie d'aller le voir, je vais faire cela à mon retour de vacances...

31/1/07 12:50

 
Anonymous chenebault said...

Je me demande toujours pourquoi cette exposition existe; elle est d'un ennui sans fin en alignant des images mille fois vues. Avec un propos intellectuel qui est une évidence banale.

23/2/07 19:21

 
Blogger Carré Rond said...

En fait ce que je trouve intéressant est de voir les documents d'époque (notamment les plus anciens que je ne connaissais pas ) . Sur une étendue de temps plus longue la corrélation est frappante entre l'esprit d'une période et la manière dont elle met en scène médiatiquement ses évènements et ce n'est certes pas nouveau.
- propagande et grandiloquence pour la guerre de Crimée
- inventivité totale lors de l'invention de l'aviation.
- quasi monopole de la source de l'image du 11 septembre avec des photos "bankable" de l'horreur.Toujours d'actualité.
- tv realité pour la chute du mur : interviewer des vrais gens, sans véritable recul, prémice de notre télé actuelle.
Par ailleurs cela m'étonne que vous ayez vu 1000 fois les illustrations de la guerre de Crimée ;o)

23/2/07 22:02

 
Anonymous Carolyn said...

Good post.

11/11/08 08:11

 

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